« Je veux prouver que les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la prévision les épouvanterait peut-être » C. Baudelaire.

« D'ailleurs cet état charmant et singulier, où toutes les forces s'équilibrent, où l'imagination, quoique merveilleusement puissante, n'entraîne pas à sa suite le sens moral dans de périlleuses aventures, où une sensibilité exquise n'est plus torturée par des nerfs malades, ces conseillers ordinaires du crime ou du désespoir, cet état merveilleux, dis-je, n'a pas de symptômes avant-coureurs. Il est aussi imprévu que le fantôme. C'est une espèce de hantise, mais de hantise intermittente, dont nous devrions tirer, si nous étions sages, la certitude d'une existence meilleure et l'espérance d'y atteindre par l'exercice journalier de notre volonté. Cette acuité de la pensée, cet enthousiasme des sens et de l'esprit, ont dû, en tout temps, apparaître à l'homme comme le premier des biens; c'est pourquoi, ne considérant que la volupté immédiate, il a, sans s'inquiéter de violer les lois de sa constitution, cherché dans la science physique, dans la pharmaceutique, dans les plus grossières liqueurs, dans les parfums les plus subtils, sous tous les climats et dans tous les temps, les moyens de fuir, ne fût-ce que pour quelques heures, son habitacle de fange, et, comme dit l'auteur de Lazare, « d'emporter le paradis d'un seul coup ». Hélas ! Les vices de l'homme, si pleins d'horreur qu'on les suppose, contient la preuve (quand ce ne serait que leur infinie expansion !) de son goût de l'infini ; seulement, c'est un goût qui se trompe souvent de route. On pourrait prendre dans un sens métaphorique le vulgaire proverbe : Tout chemin mène à Rome, et l'appliquer au monde moral ; tout mène à la récompense et au châtiment, deux formes de l'éternité. L'esprit humain regorge de passions ; il en a à revendre, pour me servir d'une autre locution triviale ; mais ce malheureux esprit, dont la dépravation naturelle est aussi grande que son aptitude soudaine quasi paradoxale, à la charité et aux vertus les plus ardues est fécond en paradoxes qui permettent d'employer pour le mal le trop-plein de cette passion débordante. Il ne crois jamais se vendre en bloc. Il oublie, dans son infatuation, qu'il se joue à un plus fin et plus fort que lui, et que l'Esprit du Mal, même quand on ne lui livre qu'un cheveu, ne tarde pas à emporter la tête. Ce seigneur visible de la nature visible (je parle de l'homme) à voulu créer le paradis par la pharmacie, les boissons fermentées, semblable à un maniaque qui remplacerait des meubles solides et des jardins véritables par des décors peints sur toile et montés sur châssis. C'est dans cette dépravation du sens de l'infini que gît, selon moi, la raison de tous les excès coupables, depuis l'ivresse solitaire et concentrée du littérateur, qui, obligé de chercher dans l'opium un soulagement à une douleur physique, et ayant ainsi découvert une source de jouissances morbides, en a fait peu à peu son unique hygiène et comme le soleil de sa vie spirituelle, jusqu'à l'ivrognerie la plus répugnante des faubourgs, qui, le cerveau plein de flamme et de gloire, se roule ridiculement dans les ordures de la route.
Parmi les drogues les plus propres à créer ce que je nomme l'Idéal artificiel, laissant de côté les liqueurs, qui poussent vite à la fureur matérielle et terrassent la force spirituelle, et les parfums dont l'usage excessif, tout en rendant l'imagination de l'homme plus subtile, épuise graduellement ses forces physiques, les deux plus énergiques substances, celles dont l'emploi est le plus commode et le plus sous la main, sont le haschisch et l'opium. L'analyse des effets mystérieux et des jouissances morbides que peuvent engendrer ces drogues, des châtiments inévitables qui résultent de leur usage prolongé, et enfin de l'immoralité même impliquée dans cette poursuite d'un faux idéal, constitue le sujet de cette étude. »

Baudelaire, LES PARADIS ARTIFICIELS.
(Essais)
« Je veux prouver que les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la prévision les épouvanterait peut-être »  C. Baudelaire.
# Posté le jeudi 10 juillet 2008 08:37
Modifié le jeudi 10 juillet 2008 12:32

« Histoire d'une petite fille dérangée. »


Préambule

Je croyais pourtant m'être définitivement débarrassée du syndrome de je-raconte-ma-trépidante-vie-pour-vous-faire-plaisir-même-si-ça-me-fait-plus-plaisir-à-moi-qu'à-vous-enfin-c'est-un-point-de-vue-vous-me-direz. Mais, en y repensant bien, c'est les vacances et j'ai pas grand chose de plus à vous raconter que lorsque je vais paisiblement en cours. C'est triste me direz vous. Non. C'est un choix de vie. (genre :'D). On se lève à pas d'heure (même si on est obligé de faire des concessions parce que y a aussi les autres), on passe son temps à lire, lire, lire parce que c'est vachement lolyfunny. Et puis entre deux lignes de lues, on raconte sa vie. Pour ne pas dire grand chose pour se vider la tête et pour s'essayer au tout nouveau « j'ai testé pour vous les phrases qui s'enchaînent sans avoir forcément avoir un but précis. Des phrases pour ne rien dire en résumer. (pour ceux qui n'arriveraient pas à me suivre dans cet innovant concept de génie. *salut-jme-prend-pas-pour-dla-merde-mais-j'ai-pas-été-créée-par-une-déjantée-pour-rien-les-copains-faut-bien-sl'avouer.) » On teste, on recommence. C'est ça la beauté de la vie. Quand c'est écrit c'est pas toujours pour rien mais bien des fois ça sert à rien. (vous connaissez beaucoup de gens qui lisent vous ?) Alors on écrit un peu c'quon veut parce qu'on sait bien que personne ne va lire ce qui a été habilement écrit. Et plus c'est long et plus on est sûr de ne pas être lu. Logique. Pensez vous que les gens lisent sérieusement ? Ils parcourent tout simplement les quelques lignes qu'on a écrit comme ça dans un livre pour ensuite être vulgairement jeté sur une table. Bon soyons objectif. Y a aussi des gens qui tout en écrivant au fil de la plume, n'exprime aucune opinion et laisse les phrases s'enchaîner tout au long du texte. (moi ? Genre.) Le but ludique du j'écris ce qui me passe par la tête, et au bout d'une bonne dizaine de ligne, je suis toujours au même point qu'au départ. Je vous endors n'est pas ? Vous ne voudriez tout de même pas que je vous raconte ce qui peuple ma vie ? Que je vous raconte d'où je viens ? Ce qui fait que je suis ici même ? Je vais vous la raconter. (enfin, pas tout de suite, il faut attendre un peu, juste un tout petit peu. Que je puisse réunir les souvenirs.)


L'Histoire

Eh bien oui, on peu dire que je suis comme Edward Scissorhands mais avec des mains bien achevées. Certes, ça enlève toute la magie, mais ne vous méprenez pas si vite. J'ai été crée il y a des cela ... bien des années au fin fond d'une province presque inhabitée. Ma créatrice, bien trop occupée à élaborer des scénarios des plus sanglants sur les gens du village, qui osaient s'aventurer plus loin que son large portail, n'avait même pas encore pensé à moi. Ses journées étaient rythmées par les arrivées triviales des paysans alentour. Une femme comme elle est toujours prise pour une sorcière dans ce genre de contrée. Celles qui réfléchissent un peu trop sur des projets dits fous sont casé dans le groupe des aliénés alors que c'est bien l'inverse. Ils sont sans doute bien trop intelligent pour être compris des autres. Un matin, excédée de n'avoir aucune visite assez intéressante, mon édificatrice eu l'idée d'enfanter une création à son image. La solitude devenait bien trop pesante et il lui fallait de la compagnie. Une utile compagnie. C'est là que ma naissance fut judicieusement imaginée. Ce n'est pas un projet que l'on peut prendre à la légère, il faut des jours et des jours d'acharnement et du papier griffonné par centaine. Il faut stimuler l'intelligence. Le résultat en est que meilleur. Mais la patience n'est pas négligeable dans ce genre de situation. Et ma créatrice avait depuis longtemps intégré le fait que ce pantin ne pourrait pas voir le jour aussi rapidement que prévu. Après des jours de sueur perdue, de villageois miraculeusement en vie, un bureau empli de papier vulgairement jeté au sol, après tout ça, l'idée vint enfin. Pour faire une création à la hauteur de soit, il faut lui donner une partie de soit. Mais quelle partie me direz-vous ? Une partie du c½ur ? C'est si peu original. Eh bien non. Ma créatrice n'avait pas tellement envie que je sache aimer. Elle voulait que je puisse penser et que je sois capable de ne pas me conformer aux règles imposées. Elle me fit don d'une petite partie de son cerveau, pour la faire germer telle une fleur en moi. Elle pensait sérieusement que l'amour ne servait à rien. Toute sa vie, elle avait été seule et n'avait connu la tendresse que par le biais de livre tellement niais qu'ils lui donnaient la nausée. Enfin, toujours est-il que cette innovatrice décida de ne pas perdre son temps. Plus vite je serais achevée et plus vite elle pourra se reposer. Cette charge de faire peur aux habitants devenait trop pesante pour elle seule, il lui fallait une autre tête penseuse. Les scénarios, de plus en plus grotesques étaient à mourir de rire. Mais ce n'était pas les sourires et la joie qu'elle voulait créer, mais la peur et la crainte. Ça faisait trop longtemps que personne n'avait eu peur d'entrer chez elle. Sa demeure était devenue un vrai Moulin. Un lieu distrayant pour les touristes en quêtes de nouvelles actions et elle était devenue leur bête de foire. Vous imaginez la honte qu'elle pouvait alors ressentir ? Oui, cette honte qui vous monte et vous réchauffe le corps d'une manière qu'on voudrait éviter. Les joues rosies sur ce teint si pâle faisaient penser à un clown. Un clown ? Rendez vous compte une minute, rien qu'une petite minute de ce qu'elle a pu ressentir. Je me dis qu'elle a du avoir bien mal. Ces regards de curiosité qui vous dévisage de haut en bas comme si vous n'étiez pas comme eux. Car oui, elle n'était pas comme eux. Mais pas comme on pourrait le penser, d'aspect elle ne ressemblait pas du tout à une sorcière. Elle avait la peau blanche et les cheveux aussi sombres que la mort. Seules ses petites lèvres d'un rouge sang lui donnaient un air de poupée. Elle portait une longue robe de soie noire et avait un port de tête qui la rendait gracieuse. A première vue, rien de bien effrayant, mais sous son crâne ce trouvait la terrible machine. Discrètement dissimulée sous une épaisse chevelure bien peignée
Ce n'est que quelques mois plus tard que ma chère créatrice abandonna la théorie pour s'atteler à ce que je vois le jour. Et je vis enfin le jour. Sept mois qu'elle ne rêvait plus que de ça. Sept mois d'attente et me voilà, sortie de nulle part, le teint frais et l'âge identique à celui de ma créatrice. A première vue je lui ressemblais assez. J'étais petite, enfin, bien plus petite qu'elle. Les cheveux sombres mais légèrement bouclé, seule l'âme différait. La sienne était depuis bien longtemps abîmée par le temps et elle ne ressentait plus aucune sympathie pour quiconque. La mienne venait de voir le jour et était parfaitement pure et crédule. En somme, je ne connaissais strictement rien de la vie. Malgré cela, je naissais en connaissance de cause, je savais que les gens étaient cruels et qu'il ne fallait avoir aucuns scrupules face à eux. Mais je n'avais pas tellement envie de mettre cette théorie en marche, au grand regret au grand regret de la créatrice de mon âme. Elle commença alors mon éducation, me lu beaucoup de livre et me fit apprendre beaucoup de vocabulaire. En robot que j'étais, j'assimilais très rapidement ce qu'elle m'inculquait sans aucunes difficultés. Je connaissais toute la littérature, quelques langues étrangères faisant impasse sur toutes les sciences qu'elle connaissait pourtant très bien. En revanche, j'appris l'histoire seule. C'était pourtant passionnant, mais mon édificatrice détestait ça. Une fois les connaissances acquises, ma mère pas porteuse jugea bon qu'il était temps de me faire connaître le monde d'un tout autre point de vue. J'allais enfin pouvoir sortir. Des mois et des mois que je lui posais cette question, qui revenait à chaque moment de la journée : « Vais-je un jour pouvoir découvrir le dehors ? Tu sais là où les ombres se font bien plus petites qu'au dedans ? Et où les gens sont des géants ? ». Elle me répondait d'un air excédée : « Je sais que tu veux sortir, mais rien au dehors ne pourra te satisfaire. Les gens sont bêtes et ne t'apporteront que du malheur. Il faut rester ici et attendre qu'ils viennent nous déranger pour leur faire peur. Ils n'ont pas le droit de rentrer chez nous. » Ils n'ont pas le droit de rentrer chez nous ? Je me demandais alors pourquoi nous, nous aurions le droit d'aller chez eux. Il n'y avait là dedans aucune logique. Je lui posait alors la question, mais elle me pria de me taire ou elle m'enfermerait dans la cave. Quelle drôle d'idée me dis-je. La cave. Il y fait bien trop froid ! C'était étrange de vouloir m'y enfermer. Enfin, je ne lui en tenais pas rigueur, elle avait toujours eu des idées originales. Toujours est-il que ma créatrice m'avait habillé pour les circonstance -je le lui avais demandé-, pour un moment que j'attendais depuis très longtemps. Je ne saurais dire exactement quand, mais j'avais ce besoin de voir le dehors, vous savez, ce besoin qu'on ne peut qu'effleurer de la main sans pouvoir se l'approprier. Mais elle, elle disait que l'extérieur me tuerait, qu'il ne ferait qu'une bouchée de moi. Qu'est ce qu'elle en savait elle d'ailleurs ? Elle n'avait jamais quitté son tombeau. Elle y était enterrée depuis l'âge de ses 9 ans. (Ses parents l'y avait lâchement abandonné.) Je pense que c'était plutôt elle qui en avait peur de ce dehors. Moi je m'imaginais déjà courir et danser au gré du vent. Il me porterait et me ferait voler tel un oiseau.
J'avais depuis bien longtemps arrêté de lui demander de voir le dehors. Notre première et dernière si je puis dire, du moins en sa compagnie, avait été un réel fiasco. Elle était tellement crispée. Je n'ai même pas pu profiter de cette expérience, moi qui voulait danser et sentir le vent contre ma peau ... depuis on reste cloîtré ici, elle m'interdit de sortir. Mais un jour, un jour où j'aurais acquis plus de savoir -parce que oui, elle continue mon éducation- ce jour là, je voyagerais, loin de la maison. En attendant, je suis formée pour faire peur. Elle essaye de m'enlever toute ma joie, et je commence à la détester. Quel ennui.
Voilà, brièvement mon histoire. Enfin, personne ne vous demande d'y croire ...

Clo.
Pour le plaisir.

« Histoire d’une petite fille dérangée. »
# Posté le mercredi 09 juillet 2008 12:01
Modifié le jeudi 01 janvier 2009 10:34

Simon and Garfunkel



Sound of Silence.

# Posté le dimanche 18 mai 2008 14:54
Modifié le mercredi 04 mars 2009 13:20